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Quatre-vingts pour l’Afrique

Il y a dix ans, la communauté de Peering s’est réunie pour donner naissance à une vision : nous souhaitions alors que 80 % du trafic Internet soit localisé en 2020. Je dois admettre avoir parfois, au cours de la dernière décennie, douté que cela soit possible. 

Mais le Kenya et le Nigéria viennent de démontrer que cela pouvait être accompli, en grande partie grâce aux points d’échanges Internet (IXP). Un nouveau rapport, « Ancrer et établir l’écosystème Africain de l’Internet: les leçons apprises au cours du développement des points d’échanges Internet du Kenya et du Nigéria », est une étude de cas qui présente la recette de leur succès.  

Ce qui a changé au Kenya et au Nigéria

En seulement huit ans, une communauté très motivée a aidé le Kenya et le Nigéria, à augmenter radicalement le pourcentage de trafic échangé localement, qui est passé de 30 % à 70 %. 

Cela a été possible grâce à une communauté très dynamique d’individus réunis autour d’une cause partagée : rendre Internet plus rapide, moins onéreux, et de meilleure qualité pour leurs voisins. Ils y sont parvenus, en se concentrant sur leur écosystème Internet local, qui est dépendant de l’IXP. 

La création d’un IXP requiert des moyens techniques, mais aussi humains. Nous disons souvent que cela demande 80 % d’ingénierie humaine, et 20 % d’ingénierie des réseaux. Cette tâche n’est évidemment pas aisée. Le développement d’une communauté forte pour Internet simplifie cette collaboration, et permet de donner lieu à une gouvernance, et une compréhension locales neutres, voire même positives. 

Pourquoi les IXP sont-ils importants ?

En Afrique, une part trop importante du trafic parcourt un trajet trop long. Cela entraîne des coûts élevés et une vitesse réduite, surtout par rapport à l’Europe. 

Les IXP fonctionnent comme des marchés, des centres commerciaux ou des hubs aéroportuaires. Ils attirent et réunissent des vendeurs (ou compagnies aériennes) de taille diverse dans un même site, ce qui permet d’améliorer la situation, et de réduire les coûts pour ceux qui se situent à proximité d’une infrastructure de ce type. 

Selon l’African IXP Association, 46 IXP sont actifs dans 34 pays d’Afrique. L’Afrique du Sud est le pays le mieux doté, avec six IXP, suivie par la Tanzanie qui en a quatre, et le Nigéria qui en a trois. 

Les IXP sont un élément crucial de l’infrastructure technique, qui contribue à améliorer l’accès en permettant que le trafic local reste localisé, et soit ainsi plus rapide et plus abordable. Les IXP sont des systèmes pour ancrer et établir l’écosystème Internet, et sont la clé pour libérer tout le potentiel d’Internet en Afrique. Mais, pour qu’ils fonctionnent réellement et efficacement sur le long terme, ils ont besoin de l’aide d’individus. Il leur faut des ingénieurs, fournisseurs de services, développeurs de données, et représentants du gouvernement favorables, tous convaincus qu’une communauté forte et collaborative peut s’appuyer sur les IXP locaux, pour développer l’écosystème Internet. 

Découvrez les progrès accomplis au Kenya et au Nigéria

Nous avons commencé à suivre leurs aventures il y a huit ans. Ces informations sont présentées dans ce rapport de 2012

En plus de l’inversion de la proportion de trafic localisé, qui est passé de 30 % local, 70 % international en 2012 à 70 % local, 30 % international aujourd’hui, cela a donné lieu à des économies conséquentes. Au Kenya, KIXP a vu son trafic de pointe passer de 1 gigabit par seconde (Gbps) en 2012 à 19 Gbps en 2020, avec des économies qui ont quadruplé, pour atteindre six millions de dollars US par an. Au Nigéria, IXPN est passé d’un trafic de seulement 300 mégabits par seconde (Mbps) à un trafic de pointe de 125 Gbps en 2020, et les économies ont été multipliées par quarante, et atteignent désormais 40 millions de dollars US par an.

Quatre-vingts pour l’Afrique 

Bien que le développement rapide de l’écosystème Internet au Kenya comme au Nigéria depuis 2012 illustre bien le rôle crucial des IXP, cela n’aurait pas été possible sans le renforcement des rapports entre les parties, le développement des infrastructures, le soutien à la mobilisation de la communauté, la collaboration, la confiance, et le développement des capacités.  

Lorsque je travaille au sein de la communauté d’Internet, je suis toujours ému par les personnes extraordinaires qui désirent changer les choses là où elles vivent.

Quatre-vingts pour l’Afrique, c’est possible. Et nous pouvons y parvenir ensemble. 

Ancrer et établir l’écosystème Africain de l’Internet: les leçons apprises au cours du développement des points d’échanges Internet du Kenya et du Nigéria

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Prêt à travailler à domicile au Moyen-Orient ?

Même avant le COVID-19, les scènes politiques et économiques de la région MENA étaient en train de changer. Les différences entre les économies, la politique, la religion et même le climat ont tenu les gouvernements occupés.

Dans ce contexte, la région a été ébranlée par le COVID-19, les nations ayant déplacé leurs opérations à domicile.

En considérant cela d’un point de vue technologique, nous devons nous poser la question suivante : Sommes-nous prêts pour cela ? Sommes-nous capables de transférer toutes nos entreprises et nos centres scolaires dans nos foyers ? Disposons-nous d’une économie numérique adéquate et d’une connectivité de bonne qualité pour répondre à l’énorme demande ?

Il ne fait aucun doute que l’internet offre des avantages économiques et sociaux importants. La pandémie de COVID-19 l’a clairement démontré. Dans de nombreuses régions du monde, nous avons pu continuer à vivre. Mais pour la première fois, les gouvernements ont dû se rendre à l’évidence : nous n’avons plus le temps pour les projets pilotes. C’est une réalité et cela se produit maintenant.

Le COVID-19 a ouvert les yeux du monde entier sur l’importance de l’Internet pour l’économie. Comment le Moyen-Orient peut-il tirer parti de ce que le COVID-19 nous a appris sur Internet et la connectivité ? L’Internet Society a publié deux documents qui peuvent aider à élaborer des réponses : le “Middle East & North Africa Internet Infrastructure Report” et l'”Internet Infrastructure Security Guidelines for the Arab States“.

Ces documents mettent l’accent sur les efforts d’infrastructure nécessaires pour développer une économie numérique. Ils ont été élaborés dans le cadre d’ateliers basés sur cet engagement en Arabie Saoudite, au Koweït et à Oman, ainsi que de discussions et de contributions des parties prenantes dans toute la région. Dans l’optique de cet engagement communautaire, les documents examinent des solutions pour développer un Internet plus important et plus solide.

Les documents mettent en évidence trois éléments essentiels que les gouvernements peuvent aider à mettre en place :

  • L’infrastructure d’accès : L’ensemble de la chaîne de valeur de l’infrastructure qui achemine le trafic vers et depuis des points internationaux, doit acheminer le trafic dans tout le pays et connecter les utilisateurs à l’internet. Grâce à un réseau de réseaux, l’infrastructure Internet nationale sera meilleure et plus forte, et offrira davantage de résistance et de fiabilité.
  • Infrastructure de contenu : Les points d’échange Internet (IXP), où le trafic peut être échangé sur une base locale, et les centres de données, où le contenu et les applications peuvent être hébergés, devraient être développés pour accroître la résistance et la fiabilité au niveau local. L’utilisation d’une infrastructure de contenu locale réduit le temps et le coût nécessaires pour acheminer le trafic, facilite l’accès au contenu et améliore la qualité du service, ce qui contribue à promouvoir l’adoption et l’utilisation de l’internet.
  • Économie numérique : L’écosystème permettant de créer des contenus et des services pour utiliser pleinement l’infrastructure d’accès et de contenu est le moteur du développement socio-économique. Une économie numérique permet aux entrepreneurs d’innover tout en offrant aux consommateurs la possibilité d’utiliser leurs nouveaux services, et contribue à mettre en ligne les secteurs existants afin de transformer l’ensemble de l’économie.

Nous vous demandons de partager largement ces documents, en particulier avec votre gouvernement local. Le COVID-19 nous a permis de réaliser à quel point il est essentiel de mettre en ligne tout le Moyen-Orient. En travaillant ensemble, nous pouvons faire la différence.

Lisez le “Middle East & North Africa Internet Infrastructure Report” et l'”Internet Infrastructure Security Guidelines for the Arab States“.


Image du Caire par Omar Elsharawy via Unsplash.

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Troisième journée à l’AfPIF : participation record des femmes

Cette année, le forum africain sur le peering et l’interconnexion (AfPIF 2019) a connu une participation féminine record. En effet, 97 femmes ont pris part aux travaux. Il s’agit du chiffre le plus élevé jamais enregistré. Celui-ci est le fruit des efforts déployés par les organisateurs et les sponsors pour promouvoir la diversité.

Des bourses ont été octroyées au cours des trois dernières éditions, ciblant principalement les femmes ingénieures et allouées par des organisations telles que Workonline, Google, LINX, et Akamai. Toujours dans le cadre de l’AfPIF, les participants ont discuté de la question d’une plus grande inclusion des femmes lors d’un déjeuner de travail.

Au moment où le rideau se baisse sur la dixième édition de l’AfPIF, l’avenir semble prometteur lorsqu’on considère l’effectif des participants : 367 hommes et femmes provenant de 59 pays, dont 202 d’Afrique, 36 d’Europe , 16 d’Amérique et 13 d’Asie.

La première séance de la journée était consacrée à la revue des challenges des dix dernières années, l’identification des opportunités de progrès et la revue des actions que nous devons tous prendre pour garantir la croissance de notre activité et une meilleure connectivité dans la région.

L’un des points relevés est la mutation actuelle du traditionnel modèle des télécommunications et la nécessité pour les entreprises de s’arrimer à cette nouvelle donne pour rester pertinentes. Seacom, par exemple, explore d’autres opportunités commerciales, compte tenu de la chute de la demande en infrastructures traditionnelles et du développement du contenu local. Cette situation a entrainé l’émergence de FAI capables de survivre en grande partie sans recourir au transit IP.

« L’idée qui voudrait que tout le monde ait besoin du transit à Londres ne tient plus. En Afrique du Sud, il est maintenant possible pour un FAI local de survivre en se focalisant sur 90 % du trafic local, ce qui signifie que les FAI n’ont peut-être plus besoin de transit IP, comparé à d’autres parties du continent. Cela rend les ventes plus difficiles en Afrique du Sud, mais des opportunités de croissance sont présentes dans des pays qui ne sont pas encore ouverts », a déclaré Mark Tinka, responsable de l’ingénierie IP chez Seacom.

Le panel a bien précisé que l’écosystème est constitué de relations complexes et que la collaboration de toutes le parties est nécessaire à son développement. Il existe une corrélation directe entre la croissance du contenu et la croissance de l’espace des centres de données. Dans d’autres parties du monde, il est plus facile d’effectuer des projections, tandis qu’en Afrique il est beaucoup plus difficile de prédire la croissance.

Au départ, pour Teraco, le but était d’avoir plus d’espace, d’expliquer aux gens les avantages de la colocalisation et d’avoir plus de connexions. La virtualisation signifie que l’on peut faire plus avec des espaces plus réduits. Le défi désormais est de continuer à innover et d’évoluer. En effet, de plus en plus de sociétés envisagent d’acquérir des ports 10G, ce qui était inouï il y a 10 ans.

Il y a dix ans, le défi d’Akamai était de savoir comment pénétrer plus de marchés, établir des relations et résoudre les problèmes réglementaires complexes que l’on rencontre dans différents pays. Aujourd’hui, le Réseau de distribution du contenu (CDN) figure parmi les principaux fournisseurs de services dans 26 pays, s’appuyant sur les leçons apprises pour pénétrer sur plus de marchés.

Pour Google, le défi demeure l’accès. Comment rendre la connectivité accessible à un plus grand nombre de personnes ? Les smartphones sont désormais abordables. mais le prix de la bande passante doit être plus accessible si l’on souhaite qu’elle soit utilisée par un plus grand nombre de personnes. Le coût d’acquisition de l’équipement du dernier kilomètre doit être plus abordable pour permettre aux réseaux d’offrir à leur tour une connectivité plus abordable, que ce soit par réseau radio ou fibre.

La question des autorisations d’exploitation à soumettre aux autorités nationales, locales ou en charge de l’aviation, reste un problème majeur pour de nombreuses entreprises. Que ce soit à propos du coût ou du temps nécessaire à l’obtention de l’autorisation, il était clair qu’un dialogue plus approfondi est nécessaire pour rendre le processus plus fluide.

La session de l’après-midi a porté sur la sécurité liée au routage, qui est désormais la priorité absolue, en raison du nombre élevé d’incidents de sécurité liés au routage. Récemment, un certain nombre d’incidents de sécurité liés au routage ont provoqué une panne mondiale qui a affecté les grands fournisseurs de contenu tels que Cloudflare. L’un des incidents de sécurité le plus répandu, lié au routage, est le détournement de préfixe. Cet incident se produit lorsqu’un réseau diffuse ou annonce, accidentellement ou non, des informations de routage d’adresse IP (Internet Protocol) appartenant à un autre réseau. Les utilisateurs Internet qui essaient de se connecter au réseau d’origine possédant les adresses IP sont redirigés vers un autre réseau (le mauvais).

Les panélistes des séances axées sur la sécurité ont présenté divers techniques et outils que les FAI et les IXP peuvent mettre en œuvre pour réduire les conséquences liées aux incidents de détournement d’adresses IP. Les réseaux ont été invités à mettre en œuvre la RPKI pour renforcer l’intégrité du système mondial d’informations sur les adresses de routage. La RPKI permet aux réseaux de valider la source des informations de routage provenant d’autres réseaux. La validation permet de s’assurer que les sources non valides sont correctement signalées et qu’elles ne sont pas propagées à d’autres réseaux au niveau mondial. Cloudflare a montré comment un incident de détournement de route récent, qui touchait de nombreux réseaux du monde entier à l’accès à leurs services, n’ a pas affecté les réseaux qui avaient implémenté la RPKI.

Les réseaux ont également été encouragés à se joindre à l’initiative MANRS (Normes sur la sécurité du routage convenues d’un commun accord) et à mettre en œuvre ses actions afin d’atténuer la récurrence d’incidents de sécurité liés au routage de ce type à l’avenir.

L’édition 2020 de l’AfPIF se tiendra à Kigali, au Rwanda.

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Deuxième journée de l’AfPIF: trafic international, économie du peering et perspectives à l’horizon 2030

Au cours des cinq dernières années, les modèles de trafic international ont connu une évolution en Afrique avec une croissance du trafic international et intrarégional, selon les dernières statistiques de Telegeography, présentées à l’AfPIF de cette année.

Johannesbourg, Le Cap Lagos et Nairobi conservent leur statut de hub, mais Cotonou, Kigali, Libreville, Abidjan et Dakar sont devenues des hubs majeurs avec l’intensification du trafic international. Cotonou a enregistré 88 Gps entre 2018 et 2019, affichant une hausse de 77 % de son trafic tandis que Kigali a enregistré 75Gbps, soit une croissance de 92 % et 113 Gbps pour Libreville, soit une croissance de 71 %.

Cela a été attribué à une réduction drastique des coûts de la connectivité, qui a conduit à l’ouverture d’un grand nombre de centres de données et éventuellement à une hausse de la demande en capacité par rapport aux autres hubs internationaux. La connexion en Afrique de l’ouest, notamment entre Dakar, Abidjan, Accra et Lagos, a également été renforcée.

Telegeography surveille le trafic international de transit. Sa présentation a été l’un des moments forts de la journée. Le trafic intérieur est un peu plus difficile à étudier, mais Telegeography a promis de collaborer avec davantage de fournisseurs pour obtenir des chiffres de ce trafic en hausse.

Au cours de sa présentation, Telegeography a brossé le tableau de la connectivité en pleine mutation sur le continent africain et son impact sur les plateformes d’interconnexion, indiquant que de nouvelles plateformes pourraient bientôt voir le jour, tandis que de plus en plus de villes réduiront le coût de la connectivité et investiront pour renforcer les infrastructures.

Les données recoupées montrent que l’Europe demeure une voie de transit privilégiée et que la capacité de la voie intra-africaine a augmenté entre l’Est et l’Ouest. Au même moment, on assiste à un renforcement de la connectivité Sud-Nord, probablement due aux projets d’infrastructures qui se développent du Cap au Caire.

L’examen des données révèle également que les nouveaux hubs seront alimentés par de nouveaux tracés de câbles sous-marins, des IX des centres d’hébergement neutres vis-à-vis des opérateurs, un environnement réglementaire favorable à la croissance des entreprises, la concurrence commerciale, des tarifs de connexion bas et un écosystème riche par le contenu et ses entreprises croissantes.

L’AfPIF a également prévu une présentation explorant l’Afrique à l’horizon 2030 et ce dont nous avons besoin pour être préparés. Il est apparu clairement que la connectivité intrarégionale était la clé au moment où les prix ne font que chuter. Il est prévu qu’elle s’aligne sur celle des autres régions du monde. D’autres attentes ont été relevées pour 2030, y compris :

  • un plus grand contrôle du client sur le routage du trafic et les applications, tandis que le réseau devrait devenir plus agile pour répondre aux besoins de la clientèle en constante évolution.
  • Les organisations internationales investiront davantage en Afrique, étant donné que la région compte actuellement un milliard de personnes non connectées et qu’elle est lentement en train de devenir un marché important pour les entreprises technologiques internationales.

Une présentation sur l’économie du peering est organisée tous les ans depuis une décennie à l’AfPIF. Celle-ci permet d’approfondir la discussion sur les raisons pour lesquelles les réseaux devraient échanger et introduire les nouveaux venus à l’économie des IXP. Cette année, les échanges étaient conduits par Susan Forney de Hurricane Electric.

Dans sa présentation, elle a estimé que la croissance des IXP en Afrique suivrait la trajectoire internationale, avec la baisse des coûts de connexion, entraînant une augmentation de la demande en contenus et de leurs échanges au niveau local et sur le plan stratégique.

Pour toute communauté envisageant de mettre sur pied un IXP, il est important de prendre en compte les coûts portuaires, les coûts liés au matériel de support, les coûts d’interconnexion, les coûts liés aux centres de données et les coûts éventuels liés à des tiers.

Ces coûts peuvent être comparés aux avantages d’un IXP, tels que la couverture des réseaux de contenu ou des fournisseurs de cloud tels que Microsoft, AWS, Google, Akamai, Limelight, Fastly, Facebook et Netflix, entre autres.

Pour savoir où mettre en œuvre le peering, il est important de disposer de statistiques sur les sources de trafic et les destinations les plus chargées du réseau, ce qui permet une mise à niveau plus facile de la capacité.

Restez connecté pour lire le résumé de la troisième journée avec plus de discussions sur le contenu et la sécurité !

Photo : AfPIF 2019

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Démarrage de l’AfPIF 2019 à Balaclava à l’île Maurice

La dixième réunion du Forum africain sur le peering et l’interconnexion (AfPIF) a débuté à Balaclava, à l’île Maurice. Cet évènement est l’occasion pour les participants de célébrer les réalisations et de resserrer leurs liens.

Andrew Sullivan, président et CEO d’Internet Society, a ouvert les débats en soulignant l’importance de la réunion qui, selon lui, permet de construire une communauté dont l’objectif est de soutenir la croissance de l’Internet en Afrique, d’identifier les défis et de promouvoir l’entente de tous sur le sujet.

Dans son discours, il a souligné que le trafic échangé à l’intérieur de l’Afrique avait connu une hausse considérable grâce au travail abattu par l’AfPIF au fil des ans. L’un des objectifs de l’AfPIF est d’augmenter de 80 % le niveau de contenu local échangé à l’intérieur de l’Afrique d’ici 2020.

Sullivan possède une vaste expérience de travail avec les organismes internationaux spécialisés sur les questions liées à l’Internet. Il a souligné la nécessité de construire une communauté solide dirigée par Af-IX. Ces deux entités continueront à travailler main dans la main au développement d’Internet en Afrique, en fonction des besoins des Africains et de l’expérience du réseau africain.

Organisé chaque année, l’AfPIF réunit les acteurs de l’écosystème d’Internet en Afrique parmi lesquels des directeurs de la technologie, des coordinateurs du peering, des responsables du développement commercial, des fournisseurs et opérateurs de services Internet, des décideurs politiques et des régulateurs en charge des télécommunications, des fournisseurs de contenu, des opérateurs de points d’échange Internet, des fournisseurs d’infrastructures, des gestionnaires de centres de données, des réseaux nationaux pour la recherche et l’éducation (RNRE), des fournisseurs d’accès Internet, des fournisseurs de services de transit IP et des organisations financières internationales. Conçu comme un événement à but non lucratif, le forum est ouvert au parrainage et à diverses formes de soutien provenant du monde entier.

La première édition de l’AfPIF s’est tenue au Kenya en 2010, au moment où la région faisait face à de nombreux défis : la connectivité se faisait principalement par satellite, il n’y avait que quelques câbles sous-marins, les avantages de l’interconnectivité étaient mal connus des communautés technologiques locales et les coûts de la bande passante se situaient entre 3 000 et 5 000 dollars par Mbps.

Le « jeu du Peering » constituait l’un des points d’orgue entre 2010 et 2014. Cet atelier rassemblait des participants autour du Dr Peering (Bill Norton) pour discuter du fonctionnement du peering, de son économie et de ses avantages pour les utilisateurs finaux. Ce jeu a permis de partager les connaissances et de promouvoir le peering, ce qui a ouvert la voie à des ateliers dirigés par un panéliste ou deux, et qui constituent actuellement le clou de l’AfPIF.

Au cours de la dernière décennie, Internet Society et ses partenaires ont offert des dons d’équipement, une formation technique et rendu possible une mobilisation communautaire dans au moins 28 pays africains.

L’un des points forts est le partenariat entre l’Union africaine (UA) et Internet Society sur le projet AXIS entre 2012 et 2018, qui a permis de former plus de 1 500 personnes dans 28 pays. Plusieurs nouveaux points d’échange Internet (IXP) ont été créés dans le cadre de ce projet. L’accompagnement de 8 IXP dans leur transition vers des IXP régionaux a permis d’accroitre la sensibilisation sur la valeur des IXP et le plaidoyer sur l’importance de l’interconnexion transfrontalière. Dans le cadre des travaux de renforcement des capacités, l’un des résultats notables a été le développement d’experts régionaux et de formateurs francophones et lusophones, ce qui constituait un défi auparavant.

Pour la suite, il est évident que le travail n’est qu’à ses débuts. La prochaine décennie comportera d’autres défis. Notre objectif est de faire participer les fournisseurs de services Internet de tous les pays africains à l’AfPIF. Un apprentissage soutenu et un partage de l’information sont nécessaires tout comme une collaboration accrue entre les opérateurs de centres de données, la consolidation d’une communauté des technologies et l’intensification de la recherche et des mesures dans la région.

En tant qu’hôte de la 10e édition de l’AfPIF, l’île Maurice a su profiter de l’occasion qui lui était offerte pour montrer les avancées qu’elle a réalisées dans l’interconnexion des îles de l’océan Indien. Maurice a également renforcé sa réputation de lieu attractif pour les entreprises technologiques souhaitant investir en Afrique.

Maurice, la Réunion, Mayotte, les Comores et Madagascar comptent ensemble quelque 28,3 millions d’habitants et constituent les îles de l’océan Indien. Ces îles sont reliées par des câbles sous-marins Safe et Lion. Des efforts sont cours pour installer un troisième câble reliant toutes les îles à l’Afrique du Sud.

Le résumé de la deuxième journée abordera plus en détail les aspects économiques du peering et les problèmes infrastructurels que rencontre la région.

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Les inscriptions à la conférence d’AfPIF-2019 sont ouvertes !

Rejoignez-nous à Balaclava, à l’île Maurice pour la 10ème édition du Forum Africain sur le Peering et l’Interconnexion (AfPIF) du 20 au 22 août 2019.

AfPIF attire les Fournisseurs d’accès Internet (FAI), les fournisseurs de contenu, les Points d’Echange Internet (IXP) et les décideurs politiques pour trois jours d’apprentissage, de partage d’expériences et de création de relations d’affaires pour le développement de l’Internet en Afrique.  


Pourquoi participer à AfPIF-2019 ? Il y a plusieurs raisons. Vous pouvez consulter le rapport de l’édition 2018 pour en savoir davantage. Ce rapport contient des informations sur les participants, les experts, les sponsors, un résumé des présentations, les sujets discutés et les questions émergeantes.


Les opportunités de sponsoring sont disponibles pour promouvoir votre entreprise ou organisation à ce publique cible. Pour plus d’informations consultez le lien ci-après : https://www.afpif.org/afpif-10/sponsorship-brochure/


Inscrivez-vous maintenant pour garantir votre place. N’oubliez pas de prendre des dispositions pour votre visa d’entrée à l’île Maurice.

Ne manquez pas l’évènement majeur de peering et d’échange de trafic Internet en Afrique qui fête ses 10 ans cette année !

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Deploy360 Garantie du BGP IETF Internet des objets (IdO) IPv6 IXPs MANRS (Mutually Agreed Norms for Routing Security)

RIPE 76 dans le Midi

La réunion RIPE 76 qui débute la semaine prochaine à Marseille est que la deuxième réunion RIPE organisée en France. Les réunions RIPE sont des événements clé pour l’Internet Society. Notre collègue Jan Žorž, qui est membre du Comité RIPE, avec Salam Yamout, membre du Conseil d’administration de RIPE NCC Board. et Andrei Robachevsky feront partie du groupe de travail Connect, et moi même je prévois livrer un rapport sur les points saillants de la réunion, étant aussi présent sur le stand de MANRS jeudi, alors venez nous dire bonjour!

Pour ceux d’entre vous qui ne peuvent pas assister en personne – il y a une participation à distance disponible avec le streaming audio et vidéo avec une salle de chat jabber, de sorte que tout le monde est invité à se joindre!

Le programme complet peut être trouvé à: https://ripe76.ripe.net/programme/meeting-plan/

Vous trouverez l’article complet ici

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Améliorer la sécurité technique Deploy360 Garantie du BGP IXPs MANRS (Mutually Agreed Norms for Routing Security) Renforcer la confiance Technologie

Mais c’est quoi le “BGP Hijacking” ?

Il y a deux semaines, nous avons appris que un autre incident de sécurité de routage a eu lieu, à savoir le détournement de routes BGP vers l’infrastructure DNS d’Amazon, a été utilisé comme tremplin pour voler environ 150 000 dollars de la crypto-monnaie Ethereum depuis MyEtherWallet.com. Nous avons beaucoup parlé ces derniers temps de détournement de BGP, en creusant dans les détails de ce qui s’est passé. En prenant du recul on pose une question: Quoi de neuf dans le monde est le détournement de BGP, et pourquoi ce phénomène est-il si important? Ici, nous allons expliquer les bases et comment les opérateurs du réseau, ainsi que les points d’échange Internet peuvent rejoindre MANRS pour apporter la solution au problème.

Pour savoir plus cliquez ici

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Améliorer la sécurité technique IXPs MANRS (Mutually Agreed Norms for Routing Security) Renforcer la confiance Technologie

MANRS lance un nouveau programme IXP pour promouvoir la sécurité du routage

Aujourd’hui, nous sommes heureux d’annoncer que lMutually Agreed Norms for Routing Security (MANRS) (MANRS) obtiennent une nouvelle catégorie de membres, les IXP. Le programme IXP de MANRS (MANRS IXP Programme) introduit une catégorie de membres distincte pour les IXP avec un ensemble d’actions de sécurité pour répondre aux besoins et préoccupations uniques des IXP.

Les dix participants fondateurs au programme IXP de MANRS sont : Asteroid (International), CABASE (Argentine), CRIX (Costa Rica), DE-CIX (Allemagne), INEX (Irlande), MSK-IX (Russie), Netnod (Suède), RINEX (Rwanda), TorIX (Canada) et YYCIX (Canada). Les participants fondateurs incluent des IXP d’Afrique, d’Europe, de Russie, d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud.

La participation au programme donne l’occasion à un IXP de démontrer l’attention qu’elle porte à la sécurité et à la durabilité de l’écosystème Internet et, par conséquent, sa détermination à fournir des services de haute qualité.

 L’ensemble d’actions IXP a été développé par un groupe d’IXP du monde entier et présenté au IXP fora pour la discussion et la rétroaction. Nous espérons qu’avec les IXP en tant que partenaires, leurs membres ISP rejoindront la catégorie Network Operator de MANRS.
 Participation in the MANRS IXP Programme requires an IXP to implement and document a majority of the IXP Programme Actions (at least three out of five). Actions 1 and 2 are mandatory, and the IXP must implement at least one additional Action. Here are the five Actions:
La participation au programme IXP de MANRS nécessite qu’un IXP mette en œuvre et documente la majorité des actions du programme IXP (au moins trois sur cinq). Les actions 1 et 2 sont obligatoires et l’IXP est tenu de réaliser au moins une action supplémentaire. Voici les cinq actions :
  1. Faciliter la prévention de la propagation d’informations de routage incorrectes
  2. Promouvoir MANRS dans l’adhésion à l’IXP
  3. Protéger la plate-forme d’appairage
  4. Faciliter la communication opérationnelle globale et la coordination entre les opérateurs de réseau
  5. Fournir des outils de surveillance et de débogage aux membres
L’ensemble complet d’actions pour les IXP se trouve ici::  https://www.manrs.org/participants/ixp/

Les participants fondateurs du programme IXP ont pris ces mesures, lesquelles établissent une base de sécurité que de nombreux IXP sont déjà capables de surpasser, et dont d’autres peuvent se servir pour les développer.

Tous les IXP sont invités à rejoindre ce nouveau programme! En savoir plus sur les actions ici,, inscrivez vous ici, ou voir la liste des participants ici. Vous pouvez également lire le communiqué de presse complet sur les nouveaux programmes.

Citations à l’appui des participants fondateurs du programme IXP

« Asteroid est fortement axé sur la sécurité, nous sommes donc fiers de faire partie des participants fondateurs de MANRS. Les IXP sont souvent au cœur de la communauté des opérateurs locaux, et nous croyons qu’il est de notre responsabilité de montrer l’exemple et de promouvoir la sécurité du routage. MANRS est une opportunité pour nous tous de relever le niveau de notre responsabilité de sécurité partagée », a déclaré Andy Davidson, Directeur technique d’Asteroid.

« Notre communauté a mûri pour formaliser des « règles de bon ordre. » De manière générale, les participants de Euro-IX observent déjà toutes les normes stipulées, mais désormais nous disposerons d’un document officiel que les personnes intéressées pourront signer. Il était important pour nos participants (plus de 95% utilisent le service de serveur de routage) que MSK-IX joue le rôle d’arbitre », explique Alexander Ilin, chef de direction technique de MSK-IX.

« Chez DE-CIX, nous sommes fiers de soutenir le programme IXP de MANRS en tant que participant fondateur grâce à nos connaissances et notre expérience. Il est temps que les IXP assument la responsabilité de rendre Internet plus sûr et plus résilient », a déclaré Christoph Dietzel, responsable de la recherche et du développement chez DE-CIX.

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Beyond The Net Développer l'Internet IXPs

Ferghana Valley IXP – Fermer la fracture numérique en Asie Centrale

La section Internet Society Kyrgyzstan Chapter met en œuvre l’un de ses premiers grands projets soutenus par le programme de financement Beyond the Net Funding.. L’objectif du projet FVIXP (Ferghana Valley Internet Exchange Point) est d’établir un réseau Internet dans la ville d’Osh, dans le sud du Kirghizistan, et d’offrir un accès Internet plus abordable aux habitants de la vallée de Ferghana.

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Deploy360 Développer l'Internet Événements IXPs Projets communautaires

Le premier forum des opérateurs de réseau albanais

Le mardi 14 novembre 2017, les fournisseurs de services Internet albanais se sont réunis dans le centre de Tirana pour le premier forum des opérateurs de réseau albanais (ALNOF).

Pour plus d’informations veuillez consulter l’article en anglais

 

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Améliorer la sécurité technique Deploy360 Garantie du BGP IPv6 IXPs TLS Tutoriels

Le workshop PNG-IX sur la sécurité du réseau

Internet Society (Aftab Siddiqui) et l’APNIC (Tashi Phuntsho) ont co-organisé à Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), un atelier sur la sécurité des réseaux du 3 au 5 octobre 2017.

Lire plus en anglais